Beach-volley éphémère à Couëron
56 000 € qui interrogent sur les priorités budgétaires.
Le 3 juin 2026, le maire de Couëron a signé la décision municipale 2026-066, validant l'installation d'un terrain de beach-volley provisoire sur le boulodrome du quai Jean-Pierre Fougerat, pour la durée de l'été 2026.
Le détail des dépenses
La décision répartit la commande entre cinq fournisseurs :
Achat de sable (Heidelberg Materials) : 10 969,20 €
Géotextile et mise en place/évacuation du sable (AG Terrassement) : 7 044 €
Pare-ballons (PSO Manceau) : 12 264 €
Traverses paysagères et grillage (AVR Viaud) : 24 293,36 €
Poteaux et filets (Décathlon Pro) : 1 529,97 €
Soit un total de 56 100,53 € TTC, pour un équipement démonté à la fin de l'été.
Une procédure d'urgence pour un besoin prévisible
La décision s'appuie sur l'article R. 2122-1 du Code de la commande publique, qui permet de déroger aux procédures normales de mise en concurrence en cas d'urgence. Ce montant reste sous les seuils légaux de dispense de procédure formalisée (60 000 € HT pour les fournitures, en vigueur depuis le 1er avril 2026), donc la procédure n'est pas illégale en tant que telle.
Reste que l'installation d'un équipement estival pour la saison 2026 est, par nature, un besoin connu plusieurs mois à l'avance. Le recours à cinq fournisseurs distincts pour des prestations différentes montre qu'une mise en concurrence, même simplifiée, était matériellement organisable dans les délais.
Une question de priorités, pas de légalité
C'est là que se situe le vrai débat. Quelques semaines avant la signature de cette décision, le maire multipliait les déclarations publiques sur une situation financière "extrêmement préoccupante", évoquant même le risque d'une mise sous tutelle de la commune - des propos que la Chambre régionale des comptes, contactée par Ouest-France, a depuis largement relativisés, qualifiant les comptes de la ville de "stables et sains".
Dans ce contexte, le choix d'investir 56 000 € dans un équipement éphémère - à la place d'un boulodrome existant, sans qu'aucun audit ni consultation des services concernés n'ait été mené - interroge sur la hiérarchie des priorités d'une nouvelle équipe municipale qui, par ailleurs, justifie des non-renouvellements de contrats par l'urgence budgétaire.
La question n'est pas de savoir si cette dépense est légale - elle l'est. La question est de savoir si elle est cohérente avec le discours tenu par ailleurs sur l'état des finances communales, et avec les choix faits sur d'autres lignes budgétaires, notamment en matière de ressources humaines et d'équipements sportifs pérennes.
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