Cuisine centrale mutualisée à Couëron
Deux versions s'affrontent entre les maires de Couëron et d'Indre
Le projet de cuisine centrale de Couëron, estimé à 9 millions d'euros hors taxes, est aujourd'hui à l'arrêt faute de partenaire pour le cofinancer. Mais sur l'état d'avancement des discussions avec les communes voisines, les versions du maire de Couëron et de son homologue d'Indre ne concordent pas.
La version de Couëron : des discussions en cours
Dans un entretien accordé à Ouest-France le 9 juin 2026, le maire de Couëron expliquait que la commune maintenait sa volonté de construire une cuisine centrale mutualisée avec d'autres communes de la métropole nantaise, citant nommément Sautron et Indre comme partenaires potentiels. Il indiquait être "en discussion" avec ces mairies pour connaître leur intérêt à rejoindre le projet.
La version d'Indre : une proposition déjà refusée
Le lendemain, le maire d'Indre a réagi auprès du même journal. Il confirme avoir été sollicité par Couëron, mais situe cette sollicitation à une date précise, le 13 mai 2026, et affirme l'avoir "immédiatement déclinée". Sa position est sans ambiguïté : "pas question" d'un rapprochement autour de cette future cuisine.
Le maire d'Indre rappelle par ailleurs que sa commune a fait un choix structurant en sens inverse : la remunicipalisation de sa restauration scolaire en 2021, avec l'embauche d'un cuisinier municipal et une politique alimentaire visant 100 % de produits de qualité et responsables d'ici fin 2026.
Une divergence qui porte sur la nature de l'échange, pas sur son existence
Les deux maires ne contestent pas qu'un contact ait eu lieu. La divergence porte sur son interprétation : là où Couëron présente une "discussion" en cours, susceptible d'aboutir, Indre décrit une proposition déjà examinée et rejetée un mois plus tôt, soit avant même la date de l'entretien dans lequel le maire de Couëron en parlait au présent.
Un projet déjà confronté à ce type de difficulté
Ce n'est pas la première fois que Couëron rencontre ce type d'obstacle sur ce dossier. La commune avait déjà décliné, en 2022, sa participation à un précédent projet de cuisine centrale porté à l'échelle métropolitaine, projet finalement concrétisé entre La Chapelle-sur-Erdre, Saint-Herblain et Orvault, sans Couëron.
Ce que ça interroge
Le projet de cuisine centrale, porté à 9 millions d'euros, avait été inscrit au budget par la précédente municipalité. Le maire actuel affirme aujourd'hui maintenir l'ambition d'un service de restauration internalisé, via une mutualisation avec d'autres communes, une option qui n'était pas nécessairement celle envisagée à l'origine du projet.
Dans ce contexte, la divergence avec le maire d'Indre soulève une question simple : si la piste de mutualisation présentée publiquement comme une voie pour faire aboutir ce projet hérité semble en réalité déjà fermée avec au moins l'un des partenaires pressentis, sur quelles bases concrètes la nouvelle équipe municipale envisage-t-elle de poursuivre, ou de réorienter, un projet dont elle n'est pas à l'origine, mais dont elle doit désormais assumer la suite ?
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